La Nouvelle Calédonie est composée de la Grande Terre et des îles Loyautés avec pour principale ville Nouméa. Tout le reste forme ce que l'on appele la brousse. La 2de "ville", Bourail, ne compte seulement 6000 habitants! En fait Nouméa, c'est the ville, ville des blancs, ville à 100% française ou presque, où se cotoient Zoreilles (métropolitains) qui profitent comme moi, les Caldoches (français installés depuis des générations, des kanaks blancs quoi), les Kanaks evidemment, que le système oppresse (culture oblige, ils sont tous sous les cocotiers en ville), des énormes Wallisiens (qui bossent dans la sécurité), des énormes Tahitiens (pareil), et des touristes japonais (les Jap), australiens (les Poken), les néozélandais (les Kiwi), et j'allais oublier les militaires. Je pourrais consacrer un article entiers aux bidasses (nom donné aux militaires) mais j'y vois pas d'interêt.
Bref tout ce joli monde, evidemment caricaturé, se retrouve le weekend à la Baie des Citrons pour se mettre la tête à l'envers. Et c'est quelque chose.
Et puis les îles Loyautés: Maré, Lifou, Ouvéa. Je garde un souvenir mémorable de mes trois différents séjours, un acceuil impensable, une gentillesse hors du commun mais Ouvéa, je l'ai placé en Number One (c'est la bière locale soit dit en passant).
Imaginez une île aux longues et interminables plages de sable blanc, à l'eau turquoise, le tout embellit par des forêts luxuriantes. Ici pas de tourisme de masse, donc pas de constructions style La Grande Motte (!). Les quelques vacanciers sont discrets, qu'ils soient jap ou americains. Les kanaks ne parlent pas l'anglais (mais au moins deux dialectes tribals en plus du français), c'est vous dire si c'est folklo. Genre dans un magasin de souvenirs: la poken; "I would like to buy this basket" et la kanak qui mregarde et qui m'dit "ahou mais c'est quoi qu'elle me dit elle là?" Enfin, manque de bol pour l'australienne, le gros panier qu'elle voulait acheter c'était celui où la vendeuse mettait ses (quelques) pièces. Alors evidemment elle n'allait pas lui vendre. Vraiment leur rapport avec l'argent c'est un truc de ouf, ils s'en moque total.
Enfin, les kanaks d'Ouvéa sont chers à mon coeur. Voilà, ils vivent au jour le jour, construisent des farés (habitations 100% naturelles) pour leur famille, amis, ils cultivent leurs champs et travaillent trés dur pour recolter leur labeur (legumes, fruits, ganja); les hommes pêchent ou chassent quand les femmes tissent les feuilles de cocotiers. Les enfants vont à l'ecole ici puis au lycée à Nouméa, puis ils partiront en metropole si ça leur chante. L'argent n'est pas une necessité première, mais vraiment pas. Tant qu'on a pas froid, pas faim et un toit s'il pleut ça va. L'important c'st d'être soi et de trouver le bohneur là il se trouve.
Accueillants, fiers de leur île, de leurs traditions et de leurs coutumes, ils disent haut et fort qu'ils se sont battus contre les français pour preserver leur valeurs, et qu'ils ont bien eu raison. c'est pas moi qui vait les contredire...
Des gens simples, gentils, drôles, plein de raison et surtout de bon sens. Ils ont gardé une image plus que négative (cf évenements d'Ouvéa) mais c'est pas plus mal pour eux, la rebellion a entraîné le respect.
Ouvéa c'est mon jardin d'Eden, sauf qu'il n'y a pas de serpent.
Oui il existe bien sur la terre coins perdus, oubliés, faute d'éloignement. Mais tant mieux, là bas c'est toujours la France, sauf que la police est inexistante. L'herbe est tolérée (commerce équitable eh eh), le jugement n'existe pas, la richesse est dans le coeur.